La
céramique
La
céramique (du grec
« kéramos », argile)
est l’art de
façonner l’argile et d’en
fixer les
formes par la cuisson. Cet « art du
feu »,
tout comme la verrerie et
l’émaillerie, se décompose en 4
grandes
familles : la poterie, la faïence,
le grès et la porcelaine.
Fabrication
La terre brute est d’abord
piétinée
(le marchage) ou battue pour en
éliminer les corps étrangers et les bulles
d’air.
Le façonnage, destiné à donner la
forme voulue, peut se faire de différentes
manières : à la main à partir
de petits boudins de terre (colombins), avec
un tour de potier animé d’un mouvement de
rotation, ou en utilisant des moules
(au XIX è s.apparaît la technique du
coulage : la pâte à porcelaine,
liquéfiée, est versée dans un
moule ; par capillarité l’eau contenue
dans
la pâte pénètre dans le
plâtre, provoquant le durcissement progressif des
bords).
La décoration peut ensuite se faire sur
l’émail cru (méthode de
« grand
feu ») ou sur émail siliceux cuit
(« petit feu ») ; dans
ce
dernier cas, le décor peint est beaucoup plus facile
à poser car la terre n’est
plus poreuse. Les couleurs sont plus riches et nuancées que
dans la faïence de
grand feu car la pièce peut-être portée
plusieurs fois à des températures
différentes. Les couleurs sont obtenues à partir
d’ oxydes
métalliques : le cobalt produit
le bleu, le cuivre le vert ou turquoise,
le fer peut donner
du jaune ou du rouge, le manganèse les bruns ; le
rose, ou pourpre, est obtenu par le chlorure d'or. Le
procédé de l’impression au
XIXè
s , grâce à une plaque de cuivre, facilite la pose
du décor, d’abord
monochrome, puis en polychromie (pls couleurs).
Les objets subissent une
première cuisson dite de dégourdi à
900° pour les
sécher avant d’être
émaillés, puis une deuxième voire
troisième cuisson. Celle
de la porcelaine dure doit atteindre 1400°. Les fours sont
alimentés au bois,
puis au charbon et au gaz depuis les années 1960.
Classification
Outre
la céramique d'artisanat et d'art décoratif
évoquée ici, elle fait aussi l'objet d'une
activité
industrielle et d'une recherche de pointe dans le domaine électronique,
médical, textile, aéronautique, automobile ou
militaire.
Historique
Poteries mates
Elles apparaissent à la fin de
l’époque
néolithique et se développent à
l’âge de bronze, comme en témoignent les
vases
funéraires et objets usuels retrouvés dans
plusieurs pays européens. Les
procédés sont primitifs : la
décoration, très simple, est effectuée
à la
main. Peu à peu
apparaissent les décors gravés ou
incisés et les peintures faites au moyen de
terres délayées de tons opposés.
Poteries
lustrées
ou non, à décor peint ou en relief
Les civilisations crétoise,
mycénienne et
grecque produisent des céramiques remarquables à
décor géométrique,
végétal ou
animé ; la peinture des vases, successivement
à figure noires et
rouges, se retrouve en Italie. La fine
poterie rouge des Etrusques (poterie
sigillée) sera importée dans le monde romain puis
gallo-romain.
Poteries
à
couvertes, vernis ou émail
Les enduits à base
naturelle assurant
l’étanchéité de la terre
cuite poreuse proviennent du
Moyen-Orient, plusieurs millénaires avant
l’ère chrétienne. La poterie
vernissée médiévale occidentale
utilise les
couvertes
plombifères transparentes héritées des
romains,
qui seront améliorées au XVIe siècle
par le
français Palissy. La
poterie à l’émail opacifié
par
l’étain
(« faïence » au sens
historique) va donner la magnifique faïence hispano-maureque
puis
celle de
l’Italie à la Renaissance (majolique), dont les
techniques
vont influencer
toute la faïence europenne des XVII et XVIIIè s.
Céramiques
dures (grès, porcelaines et faïences fines)
La
céramique à pâte dure,
imperméable et
cuite à haute température est
l’apport essentiel de l’Extrême-Orient
qui
possède des techniques très
avancées dès le 2è
millénaire av JC. Les superbes
céramiques chinoises sont imitées dans
toute l’Europe (« porcelaine
tendre
artificielle » fabriquée notamment
à la manufacture de Sèvres) mais sans
utiliser de kaolin (fine argile blanche), base de la composition.
La découverte
de gisements européens de cette matière au
XVIIIè s permettent d’obtenir la
véritable porcelaine. En Angleterre, le potier
Wedgwood met au point une
poterie opaque de couleur crème.
Source:
Encyclopédie Universalis
(résumés)