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Histoire de Guebwiller

Ses origines demeurent obscures; de maigres éléments laissent supposer une occupation préhistorique et la présence d'une villa gallo-romaine dans le secteur.

La ville serait mentionnée pour la première fois dans un acte de
donation en faveur de l'abbaye de Murbach, en 774, sous la forme de
villa Gebunvilare.

Au simple domaine agricole succède une ville médiévale. Autour de
1200 se multiplient les indices de son expansion: construction de 
l'église Saint-Léger, à partir de 1182, et de deux châteaux forts,
le Burgstall et le Hugstein qui protège l'accès à Murbach. La ville est entourée par des remparts à partir de 1270.

Son développement est très étroitement lié à l'Abbaye de Murbach (voir ci-dessous) qui exerce sa tutelle sur la cité jusqu'à la Révolution; malgré les tentatives d'affranchissement, Guebwiller n'a jamais réussi à devenir autonome, ce qui crée des tensions entre le prince-abbé et ses sujets.

Victime de sa situation géographique, elle connaît un essor démographique et économique modéré: espace agricole restreint (la seule ressource  importante est la viticulture), peu de ressources minières, localisation éloignée des voies commerciales...
Elle devient cependant le siège administratif des possessions de Murbach: elle prend alors des allures de petite capitale, avec sa Chancellerie et sa monnaie, à partir du XVIè siècle.

La ville connaît au fil des ans de nombreux événements historiques: tentative d'invasion des Armagnacs, épisode resté célèbre (1445), insurrection des Rustauds en 1525, ravages de la Guerre de Trente Ans (1618-1648) par les Suédois...

L'annexion de la cité au royaume de France est décidée en 1648 (traité de Munster), et sera effective en 1680, malgré la résistance des religieux et de la noblesse attachés à l'empire.

En 1764 a lieu la sécularisation du Chapitre de Murbach qui s'installe à Guebwiller, dans le château de la Neuenbourg. Cela entraîne la construction d'un superbe ensemble immobilier autour de l'église Notre-Dame (1765-1785).

La Révolution met fin à la domination de l'Abbaye ; une émeute en juillet 1789 entraine le pillage du château et des maisons canoniales. Les signes les plus visibles de l’Ancien Régime seront ensuite détruits. 



Histoire de l'Abbaye de Murbach


 La fondation de  cette abbaye  bénédictine se  situerait vers 623-639, bien que la tradition  populaire l’attribue plus couramment à  Saint-Pirmin en 728.

 
 Richement dotée par le comte Eberhard, frère  du duc d’Alsace, elle est prospère et  possède  une vaste  étendue de terres (sur plus de 350  localités alentour, jusqu'à Lucerne en Suisse).
 Elle est visitée par des rois et empereurs comme Pépin, roi des Francs, et Charlemagne.

Après le pillage de l’Alsace et de  l’Abbaye par les Hongrois en  950, de nouvelles constructions sont réalisées au XIIe siècle.
En 1298 l'Empereur Frédéric II donne le titre de Prince Abbé d'Empire à l'abbé Hugo von Rothenburg.

Si l’édifice subit de nombreux dommages (inondation et incendie détruisant la nef au XIVe , puis plus tard pillage des troupes de Weimar), l’Abbaye conserve sa puissance : au XVIème siècle, l’abbaye est l’une des quatre plus importante du Saint-Empire Romain Germanique. Elle obtient même l’autorisation de frapper monnaie (1544 à 1667).

Les travaux de 1725, destinés à construire une nouvelle église sont interrompus ; de l’abbaye il ne reste donc aujourd’hui que le chœur et le transept d’art roman en grès .

En 1759 elle est transférée à Guebwiller et perd son statut d'abbaye pour devenir chapitre de chanoines.

A la Révolution, les bâtiments vides sont détruits et les matériaux réutilisés, puis l’édifice devient simple église paroissiale.

Des travaux de consolidations ont été effectués au XIXe, ainsi que ces vingt dernières années.

En 1979, l’association Des amis de Murbach a été crée pour la sauvegarde et la mise en valeur de ce patrimoine.



Sources : Wikipédia / Revue Les vosges (mars 2006), "Guebwiller: la passé d'une petite capitale seigneuriale"(article de Philippe Legin)

 
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