Histoire de Guebwiller (suite)

Le vide créé par la disparition des
institutions
religieuses est rapidement comblé par l'industrie
naissante. La Lauch fournit l'énergie hydraulique
nécessaire au fonctionnement des usines.
Le Mulhousien Pierre Dolfus acquiert la
Neuenbourg
pour y installer une manufacture d'indiennes, ou
toiles imprimées; celle-ci sera reprise
en 1803
par les Bâlois De Bary et Bischoff qui
créent
une fabrique de rubans de soie.
L'impulsion est donnée: d'autres
entreprises
textiles voient le jour, ce qui fait de Guebwiller
le
second centre industriel après Mulhouse et
procure
de nombreux emplois (3000 salariés en
1900).
Parallèlement
à cet essor, la viticulture décline.
Un patronat protestant s'installe dans la ville, qui
éclate hors de ses remparts après 1860.
La
population s'accroît rapidement du fait d'une
importante
immigration.
L'arrivée
du chemin de fer en 1870 permet de faciliter les échanges.
Le
vieux paysage urbain hérité du Moyen-Age se
transforme:
si le patrimoine religieux est bien respecté, on
crée un
"Nouveau quartier" dans les années 1840, destiné
aux
ouvriers et contremaîtres, avec des maisons de type uniforme,
ainsi qu'une cité ouvrière en 1862. A la Belle
Epoque se
multiplient les constructions dans l'esprit "Modern style" et la ville
se dote des équipements modernes indispensables
(assainissement,
adduction d'eau,...).
La
1ère Guerre mondiale frappe une ville en plein essor
économique. Après un retour à
l'expansion, une
grave crise de surproduction touche l'industrie dans les
années
1930.
Durant la Seconde Guerre, la
ville est occupée et subit des dégâts.
Dès
1953 débute une
nouvelle crise avec perte de débouchés et
concurrence des
fibres synthétiques. Bourcart abandonne le tissage puis la
filature en 1975 ; ne subsiste que
Schlumberger mais l'entreprise connaît des
difficultés.
Les fonctions tertiaires s'affirment.
Le
centre de la ville subit une grande politique de rénovation
dans
les années 1960 pour remédier à la
vétusté des logements. L'Hôtel de ville
et l'Eglise
St-Léger sont restaurés, de même que le
couvent des
Dominicains qui devient un centre culturel.
Source: Revue
Les vosges
(mars 2006), "Guebwiller: la passé d'une petite capitale
seigneuriale"(article de Philippe Legin)